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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1814.

Il ne rougit pas de faire des reproches à l’Empereur, sans remarquerque, comme le premier corps de l’état, il a pris part à tous les événe-ments. Il a été si loin, qu’il a osé accuser l’Empereur d’avoir changé desactes dans la publication. Le monde entier sait qu’il n’avait pas besoinde tels artifices.... Aussi longtemps que la fortune s’est montrée fidèleà leur souverain, ces hommes sont restés fidèles et nulle plainte n’a étéentendue sur les abus du pouvoir. Si l’Empereur avait méprisé leshommes, comme on le lui a reproché, alors le monde reconnaîtraitaujourd’hui qu’il a eu des raisons qui motivaient son mépris. 11 tenaitsa dignité de Dieu et de la nation : eux seuls pouvaient l'en priver. Tll’a toujours considérée comme un fardeau, et lorsqu’il l'accepta, c’étaitdans la conviction que lui seul était à même de la porter dignement.Aujourd’hui que la fortune s’est décidée contre lui, la volonté de lanation seule pouvait le persuader de rester plus longtemps sur le trône.S’il se doit considérer comme le seul obstacle à la paix, il fait ce derniersacrifice à la France . Il a en conséquence envoyé le prince de la Mos-kowa, les ducs de Yicence et de Tarente à Paris , pour entamer lesnégociations. L’armée peut être certaine que son honneur ne serajamais en contradiction avec le bonheur de la France . »

Pendant que Napoléon confiait ainsi à son armée, avec une modéra-tion digne des plus grands caractères, les douloureux secrets de safortune actuelle, une portion de cette armée, soustraite le matin à sondrapeau sous l’espoir qu’elle allait se battre pour lui, répondait àVersailles aux nobles sentiments qu’il lui témoignait à Fontainebleau .Voici quelle avait été la destinée du corps de Marmont : depuis deuxjours, dans l’armée de Napoléon , on ne parlait que d’une attaque surParis ; le mouvement opéré la veille par la garde avait de nouveauconfirmé ce bruit. Placé au premier poste, le corps de Marmont atten-dait avec impatience le signal de s’ébranler à son tour. Le 5, à la pointedu jour , le général Souham met le corps en mouvement ; et, à peineavait-il franchi le rayon de cantonnement, il se voit entouré par desrégiments de cavalerie étrangère qui précèdent, qui flanquent et quiferment sa marche au travers de toutes les troupes ennemies en armessur sa route. A l’aspect des cavaliers bavarois qui l’abordèrent ausortir du territoire d’Essonne , les officiers et les soldats, partis avecjoie, parce qu’ils croyaient aller attaquer le flanc droit de l’ennemi,reconnurent qu’on les avait livrés. Alors des murmures sinistres par-