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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4814. 373

à dîner les maréchaux Marmont et Mortier, et le général Souham , leplus ancien di visionnaire de l’année. Il voulait s’entretenir avec euxdes opérations qu’il projetait. Le colonel Gourgaud ne trouva ni le ma-réchal Marmont, alors parti pour Paris avec les plénipotentiaires, nile général Souham, qui pourtant était à Essonne ; mais il lui laissal’ordre de se rendre à Fontainebleau . L’Empereur l’attendit inutilement,et dans la nuit du 4 au 5 il lui expédia un autre officier. Celui-ci netrouva à Essonne ni Souham ni le corps d’armée, et revint en toute hâteapporter à Napoléon cette fatale nouvelle. Ainsi Fontainebleau restait àdécouvert ! L’honneur de l’armée n’était plus intact, et tout espoir étaitperdu, jusqu’à celui qui n’avait jamais manqué , l’espoir dans lesarmes. Napoléon doute encore de la défection de Marmont. Il refuse decroire que son élève, son ami, son enfant, « celui, disait-il, qui amangé mon pain sous ma tente, » l’ait trahi, abandonné au dernierjour. L’ingrat, s’écria-t-il, Usera plus malheureux que moi! Cependantil ordonne au général Belliard de faire couvrir Fontainebleau parquelques escadrons. Mais le maréchal Mortier, voisin d’Essonne , avaitpourvu à cette pressante nécessité, du moment où il avait appris ledépart du corps de Marmont. Ce malheur, tout nouveau pour Napo-léon , le touchait de trop près, et son àme se sentait depuis plusieursjours oppressée sous le poids de trop de chagrins, pour qu’il ne cédâtpas enfin à l’impérieux besoin de lui donner un confident digne de sadouleur. Ce confident ne pouvait être que l’armée de Fontainebleau .Voici comme il lui parle dans l’ordre du jour du 5 avril :

« L’Empereur remercie l’armée pour l’attachement qu’elle lui témoi-gne , et principalement parce qu’elle reconnaît que la France est en lui,et non dans le peuple de sa capitale. Le soldat suit la fortune et l’in-fortune de son général, son honneur et sa religion. Le duc de Ragusen’a point inspiré ces sentiments à ses compagnons d’armes : il est passéaux alliés. L’Empereur ne peut approuver la condition sous laquelle ila fait cette démarche : il ne peut accepter ni la vie ni la liberté de lamerci d’un sujet.

« Le sénat s’est permis de disposer du gouvernement français . Il aoublié qu’il doit à l’Empereur le pouvoir dont il abuse maintenant ; quec’est lui qui a sauvé une partie de ses membres de l’orage de la révolu-tion, tiré de l’obscurité et protégé l’autre contre la haine de la nation.Le sénat se fonde sur les ai'ticles de la constitution pour la renverser.