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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1814.et le roi; c’était précisément ce qui devait faire rejeter par les conseilsdu roi l’acte du sénat. L’abbé de Montesquiou. engageait alors le roi àfaire une simple déclaration. On ne parlerait au public ni du sénat ni de laconstitution, et il ne serait redevable qu’à S. M. de ce que le sénat prétend luidonner à un prix si dégoûtant. Mais, de son côté le sénat, par sa mala-dresse à stipuler ses intérêts privés qu’il fallait régler dans un traitésecret et particulier, pour ne montrer au public que la constance àsoutenir les intérêts généraux, perdit une admirable occasion de mettreà jamais les droits de la France à couvert, et de donner ce qu’il se rédui-sait <à recevoir. A la vérité ce corps était dominé par une minorité dévouéeà M. de Talleyrand , alors vice-grand électeur, et au gouvernementprovisoire, où il ne siégeait pas un homme d’un grand caractère et ca-pable de conduire dignement la négociation entamée avec le prince au-quel on pouvait rendre la couronne à des conditions également hono-rables et utiles pour la nation et pour la royauté. Les alliés eux-mêmes,et surtout Alexandre, qu’une raison habile rejetait alors du côté desprincipes libéraux comme le seul moyen de faire prendre le change àl’enthousiasme militaire de la France , auraient vu avec plaisir le princeenchaîné par un traité qui, en le défendant contre les préjugés et l’en-traînement de ses anciens amis, tous opposés aux besoins de l’époque,aurait encore délivré l’Europe de la crainte d’une révolution nouvelle.

Le 7 avril, Napoléon se leva plus guerrier que de coutume; il enavait fini avec la politique. Déjà familiarisé à l’idée d’être un souverainsans empire, il ne pouvait encore supporter l’idée d’être un généralsans armée. Il ordonna la revue du deuxième et du septième corps. Lemaréchal Oudinot reçut cet ordre avec une surprise qui frappa Napo-léon : ce n’était pas la première fois qu’il avait remarqué plus que dela lassitude de la part des chefs de l’armée. La revue eut lieu, et les vivesacclamations des soldats prouvèrent à l’Empereur la fidélité de leurs sen-timents , qui recevaient alors de son infortune une expression plus éner-gique. Les chefs de l’armée étaient devenus des hommes de palais ; les sol-dats étaient demeurés les hommes de la tente : ceux-ci restaient toujoursdévoués au grand capitaine qui venait de les illustrer dans la postéritéla plus reculée, par la plus belle campagne de sa vie ; ceux-là savaientque l’Empereur avait abdiqué. On prétend que Napoléon , vivementému de l’enthousiasme des troupes, qui effectivement n’étaient plus lessiennes, dit au duc de Reggio : Maréchal, puis-je compter sur votre corps