396 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1814, 1815.eût produit celle de toute la division qui couvrait Grenoble . Le colonelde Labédoyère n’aurait pas pu amener à Napoléon le 7 e de ligne. Ce puis-sant renfort décida ce prince à entrer le soir à Grenoble , où le généralMarchand avait pris des mesures de défense. Les portes de la villeétaient fermées : la garnison se déployait sur les remparts ; elle se com-posait du 3 e régiment du génie, du 6° de ligne, dont un bataillon étaitrangé depuis le matin sous le drapeau impérial ; du 4 e de hussards etdu ¥ d’artillerie, où Napoléon avait été capitaine. Du haut des rem-parts, où s’était portée la population de la ville, la garnison, frappéed’étonnement, voyait s’avancer Napoléon avec sa troupe, l’arme ren-versée, et marchant, ivre de joie, aux cris de vive Grenoble ! vive laFrance ! vive l’Empereur! L’enthousiasme est électrique chez tous leshommes, dans les circonstances qui surprennent tout à coup leur ima-gination. Les remparts de Grenoble retentirent soudain des mêmes ac-clamations , et soudain les portes de la ville furent bi’isées par les habi-tants. « Tiens, dirent-ils à Napoléon , au défaut des clefs de ta bonneville, en voici les portes. ■— Tout est décidé maintenant, dit Napoléon àses officiers, tout est décidé : nous allons à Paris . » Le lendemain, 8 mars,il fut reconnu et complimenté solennellement comme empereur partoutes les autorités civiles, judiciaires, militaires et ecclésiastiques. Illeur parla ainsi:» J’ai su que la Finance était malheureuse, j’ai entenduses gémissements et ses reproches. Mes droits ne sont autres que lesdroits du peuple.... Je viens les reprendre, non pour régner, le trônen’est rien pour moi ; non pour me venger, je veux oublier tout ce quia été dit, fait et écrit depuis la capitulation de Paris . J’ai trop aimé laguerre; je ne la ferai plus.... Nous devons oublier que nous avons étéles maîtres du monde.... Je veux régner pour rendre notre belle France libre, heureuse et indépendante.... Je veux être moins son souverainque le premier et le meilleur de ses pitoyens. >> Napoléon redevint subi-tement l’homme des soldats et du peuple, dont son retour merveilleuxavait saisi, exalté toutes les facultés. Aussi, à la revue qu’il passa de lagarnison de Grenoble , l’enthousiasme public monta jusqu’au délire,surtout après ces paroles qu’il adressa au 4° d’artillerie : « C’est parmivous que j’ai fait mes premières armes; je vous aime tous comme d’an-ciens camarades. Je vous ai suivis sur le champ de bataille, et j’ai tou-jours été content de vous : mais j’espère que nous n’aurons pas besoinde vos canons. Il faut à la France de la modération et du repos. L’ar-
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