1815.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . —à ses ennemis les poursuivait jusque dans son exil, et la haine britan-nique ne croyait pas pouvoir prendre trop de précautions pour se tran-quilliser elle-même et rassurer ses magnanimes alliés.
Le 2 août, la Grande-Bretagne, l’Autriche , la Prusse et la llussieavaient signé cette convention :
« Napoléon Bonaparte étant aupouvoir des souverains alliés, LL. MM. les« rois, etc., et les empereurs, etc., ont agréé, en vertu des stipulations« du traité du 25 mars 1815 sur les mesures !es plus propres à rendre« impossible toute entreprise de sa part contre le repos de l’Europe :
« Art. 1 er . Napoléon Bonaparte est considéré, parles puissances qui« ont signé le traité du 20 mars dernier, comme leur prisonnier.
« Art. 2. Sa garde est spécialement confiée au gouvernement britan-« nique. Le choix de la place et des mesures qui peuvent le mieux« assurer l’objet de la présente stipulation est réservé à S. M. Britan-« nique.
« Art. 3. Les cours impériales d’Autriche et de Russie , et la cour« royale de Prusse, nommeront des commissaires pour se rendre et ha-« biter dans la place que le gouvernement de S. M. Britannique aura« assignée pour la résidence de Napoléon Bonaparte , et qui, sans être« responsables de sa garde, s’assureront de sa présence.
« Art. 4. S. M. Louis XVIII est invitée, au nom des quatre cours ci-te dessus mentionnées, d’envoyer pareillement un commissaire français « au lieu de la détention de Napoléon Bonaparte .
« Art. 5. S. M. le roi du royaume uni de la Grande-Bretagne et de.< l’Irlande s’oblige à remplir les engagements qui lui sont assignés par« la présente convention.
« Art. 6. La présente convention sera ratifiée, etc. »
Ou doit remarquer à cet égard la promptitude avec laquelle la sen-tence fut exécutée. L’amiral Keith, accompagné du contre-amiral Gock-burn , vint la signifier à Napoléon sur le Bellérophon, dans la rade deStarpoint, le 6 août. Le lendemain, à deux heures après midi, Napo-léon dut quitter la trompeuse hospitalité du Bellérophon , pour la prisondu Northumberland . Là le ton de ses gardiens ou de ses geôliers changea :ils affectaient de se couvrir devant lui et de nommer seulement généralle souverain dont lord Castlereagh lui-même avait, l’année précédente,reconnu la qualité d’empereur dans la négociation de Chàtillon.
Cette époque sera connue dans l’histoire sous le nom d’époque des