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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . - 1845.

Starpoint, où parut bientôt le vaisseau de l’exil escorté de deux frégateschargées de troupes qui devaient former la garnison de Sainte-Hélène.Cette escadre était sous les oi’dres de l’amiral Cockburn. Un incidentfort singulier avait déterminé le brusque départ de Plymouth. L’amiralKeith prétendit avoir été averti par le télégraphe qu’un officier publicétait parti de Londres , avec un ordre d ’habeas corpus, pour réclamer lapersonne de Napoléon ; cet homme se présenta effectivement dans lajournée du 4 août. On l’aperçut de loin : lord Keitli, afin de l’esquiver,se vit contraint d’abandonner son vaisseau, de gagner un autre bâti-ment, et définitivement de mettre en mer, après avoir pris toutes lesprécautions pour défendre les approches du BeUérophon, et s’opposerà ce qu’aucun acte ne fût notifié au capitaine. Lord Keith tremblait quesou prisonnier n’échappât à la proscription, en se trouvant tout à coupplacé sous la protection des lois anglaises qu’il était venu implorer.C’eût été un spectacle d’un intérêt bien extraordinaire pour la ville deLondres, de voir Napoléon conduit en prison par un shériff, et, rentrétout à coup sous l’empire de la loi commune, se soustraire ainsi ;V lasentence illégale et despotique que le congrès de Vienne, transplantéà Paris , venait d’improviser contre lui. On s’empressa d’autant plusd’enlever à Napoléon cet étrange moyen de salut, que rien n’auraitpu, ni à Torbay , ni à Plymouth, empêcher l’officier public de faireson devoir.

Les amiraux Keith et Cockburn se rendirent à bord du BeUérophon,et remirent à Napoléon un extrait de leurs instructions : « Napoléon etsa suite doivent être désarmés. L’amiral Cockburn fera la visite clésmeubles, et saisira les diamants, l’argent, les valeurs , afin de l’em-pêcher d’en faire un instrument d’évasion. Ces sommes seront admi-nistrées pour subvenir à ses besoins. » Le cas de mort était prévu.« Le général ( c’est le nom affecté à Napoléon ) peut disposer de sesbiens par testament. Le général sera mis en prison s’il essaye de s’éva-der. Toutes ses lettres et celles de ses compagnons seront lues par legouverneur....» On permettait aux généraux Bertrand, Montholon,Gourgaud et au chambellan Las-Cases de suivre la victime ; les géné-raux Savary, duc de Rovigo, et Lallemand, tous deux condamnés àmort, étaient exclus du nombre de ses compagnons d’infortune. Jamaisen Europe , depuis sa civilisation, jamais outrages plus odieux n’ontsouillé la politique d’un gouvernement. La peur qu’inspirait Napoléon