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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1815-1821. 498

rageaient de l’agriculture, qui est l’intérêt premier delà France . L’insti-tution des courses de chevaux, l’introduction des mérinos, etc., etc.

« Voilà ce qui forme un trésor de plusieurs milliards, qui durerades siècles.

« Voilà les monuments qui confondront la calomnie ! ! !_L’histoire

dira que tout cela fut accompli au milieu de guerres continuelles, sansaucun emprunt, et même lorsque la dette publique diminuait tous lesjours, et qu’on avait allégé les taxes de 50 millions. Des sommestrès-considérables demeuraient encore dans son trésor particulier. Elleslui étaient conservées par le traité de Fontainebleau , comme résultantdes épargnes de sa liste civile et de ses autres revenus privés. Ellesfurent partagées et n’allèrent pas entièrement dans le trésor public , nientièrement dans celui de la France ! ! ! »

Cependant les persécutions continuèrent avec le même caractère àSainte-Hélène ; le gouverneur crut devoir se justifier en rejetant sur leministère anglais tout l’odieux d’une conduite infâme ; il prétendaitaccomplir un devoir. « Le bourreau en fait autant, lui répondit l'Empe-reur ; il exécute aussi les ordres qu’il a reçus. Je ne crois pas qu’ungouvernement soit assez vil pour donner des ordres semblables à ceuxque vous faites exécuter.... Vous avez plein pouvoir sur mon corps,mais aucun sur mon àme. Cette àme est aussi lière, aussi courageuseque quand elle commandait à l’Europe . Vous êtes un sbire sicilien etnon pas un Anglais . Je vous prie de ne plus revenir jusqu’à ce quevous apportiez l’ordre de me dépêcher; alors vous trouverez toutes lesportes ouvertes. » Malgré cette défense, les sicaires de sir Hudson Lovvevoulurent pénétrer dans l’asile de Napoléon : la menace d’une défensedésespérée et la protestation réitérée qu’on ne violerait le droit de saporte qu’en passant sur son cadavre le débarrassèrent enfin d’un indi-gne assujettissement. Mais la haine et la méchanceté n’en parvinrentpas moins à leur but, celui de l’assassiner lentement et d’une manièreinfaillible. En effet, pour se dérober à des persécutions sans relâcheet sans fin, Napoléon résolut de se confiner dans son étroite et fataledemeure , et avança ainsi, par le défaut d’exercice , et surtout par letravail immense que nécessitait la rédaction de ses Mémoires, l’époqueà laquelle, suivant son énergique expression, le ciel de Sainte-Hélène,chargé du forfait de sa mort, devait le consommer.