j 3 » L’ART UNIVERSEL'
doivent pas craindre l’cscalade: celles auflì où il y a des fraises dispo-sées la pointe en bas, ainsi que je l’ay fait voir au second Traité des For-tifications. Les Palissades fur la Contrescarpe 5C dans lc fosse , fontvtiles, puisque l’Ennemy rie les peut rompre fans bruit, qui avertit suf-fisamment ceux de la Place.
Dans tous les flancs qui font autour de la Place , on tiendra deux ca-nons chargez de ferrailles, l’vn pointe vers la face du Bastion opposé, Scl’autre lc long de la courtine, afin qu’au moindre bruit on y mette Icfeu pour rompre les échelles, &: tous les dcíleins de i’Ennemy : Icssct
cn fera aussi asscuré de nuit que de jour.
Ous’ils montent, les poignarder les vns aprés les autres , à mesurequ’ils montent, ou renverser les échelles, 5c tirer dessus.
CONTRE LES SVRPRISES PAR LE PETARD.
E N mefme temps qu’on escalade vne Place,pour l’ordinaire on ap-plique le Pétard aux portes: ce qui fait plusd’estet que les échel-les ; c’est pourquoy il faut prendre garde àl’vn, 5c nc negliger pasl’autre.
Outre la bonne garde,qui est le souverain remede contre les surpri-ses , il faut avoir grand foin des portes, dont on cn doit avoir d ouver-tes lc moins qu’il fe peut en vne Place fortifiée ; elle fera mieux con-servée , 5c moins sujettes aux surprises, quoy qu il ne faille pas beaucoupcraindre le Pétard, quand en vne mefme entrée il y a diveríés portes, di-vers pontlcvis, !c divers corps de garde. Pay dit cy-devant au Traitédes Fortifications, lc lieu où les portes doivent estre faites, & la largeur5c hauteur qu’illeur faut donner: reste àdireicy, qu’on n’en doit raireaucune qui ne soit couverte d’vn bon Ravclin fossoyé tout autour, avecvne bonne barrière où on tiendra des sentinelles de nuit comme de jour.Ce fossé du Ravelin aura vn pontlcvis,ou vn autre, d’où on ostera lesplanches tous les soirs, 5c vn corps de garde soutenu fur des pieccs debois plantées dans lc fossé au costé du pont.
A la porte de la ville, il y aura encore vn pontlcvis, la herse & lecorps de garde sous vne voûte longue comme la largeur du rempart quiest au dessus ; 5c au bout de cette voûte, du costé de la ville, on fera en-core vne porte , 5c devant elle vne barrière , 5c vn corps de garde où l'ontiendra du monde selon les temps,en paix moins qu’en guerre.
Chaque porte pourroit avoir vne herse, ou des orgues : car tant plus ily aura d’obstacles, tant plus il y aura de peine à petarder, parcc qu’il fau cappliquer autant de Pétards, qu’il y a d’empeschemens, où l’on. perd
bien