SIÈGE DE TOULON. . X 5
siège de Lyon, sous Kellermann ; après la prisede cette ville, il ne put échapper au comité desurveillance de Collot-d’Herbois et de Fouché ; ilfut traduit au tribunal révolutionnaire et con-damné à mort. Son jugement était motivé surles retards qu’il avait mis à envoyer l’artilleriepour le siège de Toulon . C’est en vain qu’il pro-duisit les lettres de remercîment que lui écri-vait Napoléon , pour le bon ordre et l’activitéqu’il avait mis dans l’envoi de ces convois.
Le général Duteil cadet était d’un caractèretout opposé, n’entendant rien à l’artillerie;c’était un bon-homme : arrivé devant Toulon ,il fut fort aise de se trouver débarrassé d’unefonction qui lui serait à charge, et que les cir-constances rendaient bien chanceuse ; il estdepuis mort à Metz , commandant d’armes.
Le vœu du soldat fut enfin exaucé : le braveDugommier prit, le 20 novembre, le com-mandement de l’armée; il avait quarante ansde service, c’était un des riches colons de laMartinique , officier retiré; au moment de larévolution, il se mit à la tête des patriotes etdéfendit la ville de Saint-Pierre; chassé de l’île,lorsque les Anglais y entrèrent, il perdit tousses biens. Il était employé comme général debrigade à l’armée d’Italie, lorsque les Piémon-tais, voulant profiter de la diversion du siège