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Tome premier.
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TREIZE VENDÉMIAIRE.

I 17

général. Il se présenta à l’état-major un jeunehomme de dix ou douze ans, qui vint le supplierde rendre l’épée de son père, qui avait été gé-néral de la république. Ce jeune homme étaitEugène de Beauharnais, depuis vice-roi d’Italie .Napoléon , touché de la nature de sa demandeet des grâces de son âge, lui accorda ce qu’ildemandait ; Eugène se mit à pleurer en voyantl’épée de son père; le général en fut touché etlui témoigna tant de bienveillance, que madamede Beauharnais se crut obligée de se rendrechez lui le lendemain, pour lui en faire des re-merciments. Chacun connaît la grâce extrêmede l’impératrice Joséphine, ses manières douceset attrayantes. La connaissance devint bientôtintime et tendre, et ils ne tardèrent pas à semarier.

On avait reproché à Schérer, commandantl’armée d’Italie , de ne pas avoir su profiter dela bataille de Loano; on était peu satisfait de saconduite. Son quartier-général de Nice comp-tait beaucoup plus d’employés que de militaires.Il demandait sans cesse de l’argent pour solderses troupes et réorganiser les différents servi-ces, ainsi que des chevaux pour remplacer ceuxqui étaient morts faute de fourrage. Le gouver-nement ne pouvant donner ni l’un ni l’autre,faisait des réponses dilatoires, et l’amusait par