UOG MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
venant par la route de Pavie ; il y donna l’alarme.Les bivouacs prirent les armes; après cpielquesdécharges, il n’entendirent plus rien : cependantLaharpe , suivi d’un piquet et de quelques offi-ciers, se porta en avant pour vérifier ce que celapouvait être, et interroger lui-même les habi-tans des premières métairies sur la route, quilui dirent que cette alarme avait été donnée parun régiment de cavalerie, qui ignorait que lesFrançais eussent passé le Pô, et qu’il avait pris àgauche pour gagner Lodi. Laharpe retournadans son camp. Mais au lieu de revenir par lachaussée cl’où les troupes l’avaient vu partir, ilprit malheureusement un sentier voisin. Lessoldats étaient au guet; ils accueillirent leur gé-néral par un feu de file très vif; Laharpe tombamort; il fut tué par ses propres soldats ! il étaitSuisse , du canton de Yaud. Sa haine contre legouvernement de Berne lui ayant attiré des per-sécutions, il s’était réfugié en France ; c’était unofficier d’une bravoure distinguée. Grenadierpar la taille et par le cœur, conduisant avec in-telligence ses troupes, dont il était fort aimé,quoique d’un caractère inquiet. On a remarquéque, pendant le combat de Fombio, tout le soirqui a précédé sa mort, il avait été fort préoccupé,très abattu, ne donnant point d’ordres, privé enquelque sorte de ses facultés ordinaires, tout-