MÉMOIRES J)I£ NAPOLÉON.
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« conserverait, avec la Belgique et la disposition des ressources•«maritimes de la Hollande , une situation toujours hostile contre«l’Angleterre. — Depuis la cession des Pays-Bas à la France , con-« sentie par la maison d’Autriche , au traité de Campo-Formio , le« but de la guerre échappait au gouvernement anglais ; tous ses efforts* tendaient à le ressaisir, M. Piu était convaincu que, pour arracher aux" Français cette belle conquête , il fallait epuiser les ressources de la« France , et la consumer eu portant dans son sein une guerre que la fu-- reur des partis comprimés, et l’indignation des puissances humiliées ,
« devaient lui rendre à jamais funeste, si elle en devenait le théâtre. —
« La conquête de 1 Italie, et tous les avantages remportés par les alliés« pendant la campagne de 1799 > ne suffisaient plus pour remettre en« question la rétrocession de la Belgique , parce que ces avantages étaient« balancés sur le Rhin par la victoire de Zurich , et dans le Nord par le« mauvais succès de l’expédition sur les côtes de Hollande. La coulinua-« tion de la guerre était donc invariablement résolue par le ministère«anglais , avant les ouvertures faites par Bonaparte. Elles donnèrent« lieu à de vifs débats dans le parlement ; les principaux orateurs du« parti de l’opposition remontèrent jusqu’aux premières causes de la« guerre. Ils en attribuèrent l’explosion, les malheurs, la perpétuité , à« ceux qui voulaient établir l’immutabilité des gouvernements, et l’a-« liénation irrévocable de la souveraineté comme base fondamentale« d’un pacte social, pour le maintien duquel toutes les puissances de-« vraient être à jamais solidaires. — MM. Erskine, Fox et Sheridan se« distinguèrent dans cette discussion mémorable : ils opposèrent à la« doctrine des gouvernements de l’Europe moderne, les plus forts argu-« ments que purent leur fournir les principes du droit naturel et du« droit politique, l’esprit et la marche du siècle, les exemples tirés de« leur propre histoire, le changement de système en France qu’ils trou-« valent favorable au rétablissement de la paix.»
i° Le ministre anglais a-t-il pu se refuser auxouvertures que lui a faites le premier consul,en i8oo,sans se rendre responsable des mal-heurs de la guerre? Le refus était-il poli-