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Tome quatrième.
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MEMOIRES DE NAPOLÉON.

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« treprendre! il ee mêla de grandes vues à l’esprit aventureux qui l’en-« traîna toujours hors des routes ordinaires et au-delà des bornes de la« raison. Ni la situation dans laquelle il laissait l’intérieur delà France ,>. ni l’état de la marine, ne pouvaient lui permettre d’espérer les secours«sans lesquels la colonie et le fondateur devaient nécessairement« périr; ils eussent été, comme au temps des croisades, tôt ou tard« dévorés par le climat ou par des peuples à demi barbares , que le fer« ne pouvait soumettre, et qu’aucun lien religieux ni politique ne pou-» vait unir au vainqueur. Mais frapper au cœur le commerce de l’An*« gleterre, en attirant en Égypte celui de l’Orient; rouvrir la route« des trésors de l’ancien monde : dédommager la France de la perte«« de ses colonies occidentales par de nouveaux et nombreux établisse-« ments sur les côtes de l’Afrique ; rendre au berceau des sciences et des« arts sa première splendeur ; explorer un pays si riche de grands sou-« vcnirs ; aller marquer sa place entre les plus illustres conquérants ;« quels plus brillants prestiges séduisirent jamais les favoris de la« fortune ! »

(Volume VII, page 97. )

«.La sortie de l’amiral Gantheaume fut une résolution aussi au-

« dacieuse que l’entreprise de la conduire à Alexandrie était téméraire.« C’était hasarder de livrer aux Anglais la meilleure partie de ce qui« restait de la marine française : mais ce secours pouvait sauver la« colonie d’Égypte et déterminer la paix maritime. Si l’escadre échap-« pait à la flotte anglaise de la Manche, elle devait, en entrant dans la« Méditerranée, rencontrer celle de l’amiral Keith, et si elle parvenait« à l’éviter, il n’était pas probable que les escadres de Warren et de« Bickerton, qui croisaient ou à l’ouverture du détroit, ou dans le canal« de Malte , et dans la mer de Libye, ne coupassent sa route avant« Vattérage à la côte d’Égypte . Il fallait donc autant de bonheur que« d’habileté pour remplir cette glorieuse mission : l’un et l’autre ne« manquaient pas à l’amiral français; son escadre dispersée se trouva«tout entière réunie au cap de Gates, le 10 février, dix-huit jours« après la sortie de Brest, saus que les Anglais en eussent eu oonnais-« sance. L’amiral Harvey , qui commandait la flotte de la Manche , en«l’absence d« l’amiral Cornwalis, fut infoimé de la sortie de l’escadre