« Celle tentative désespérée exposait 5,ooo Français à mourir de taim ;« car si l’armée anglaise avait opéré son débarquement et s’était réunie« à celle du grand-visir, ce corps isolé, errant dans le désert, eût« été coupé du Caire et d’Alexandrie , et ne pouvait plus ni se réunir à« l’armée d’Orient, ni se rembarquer pour retourner en Europe. >•
Le général Kléber n’avait jamais commandéen chef, il avait servi à l’armée de Sambre-et-Meuse comme général de division sous les ordresde Jourdan. Tombé dans la disgrâce du direc-toire, il vivait obscurément à Chaillot quandNapoléon , en novembre 1797, arriva de Rads-tadt, après avoir conquis lTtalie, dicté la paixsous Vienne, et pris possession de la place deMayence. Kléber s’attacha à son sort, et le suiviten Égypte . U s’y comporta avec autant de talentque de bravoure ; il s’acquit l’estime du généralen chef, qui, après Desaix , le tenait pour lemeilleur officier de son armée : il s’y montrades plus subordonnés, ce qui étonna les offi-ciers de son état-major, accoutumés à l’entendrefronder et critiquer les opérations à l’armée deSambre-et-Meuse. Il témoigna une grande admi-ration de la belle manœuvre de la bataille dumont Thabor, où le général en chef lui sauva• honneur et la vie. Quelques semaines après, ilmarchait, à la tête de sa division, à l’assaut deSaint-Jean-d’Acre; Napoléon lui envoya l’ordrede venir le joindre, ne voulant pas risquer une