u8o MÉMOlitJiS DE «AEOLÉOJV.
Il consentît que Toussaint-Louverture séjournâtdans la colonie; cependant, ayant surpris de-puis une correspondance secrète de ce généralqui le compromettait, il le fit arrêter et trans-porter en France ; mais l’état-major noir, gé-néraux, adjudants-généraux, colonels, chefs debataillon, restèrent en place. Lorsque le pre-mier consul fut instruit de cette conduite, il enfut vivement affligé : l’autorité de la métropoledans la colonie ne pouvait se consolider que parl’influence des hommes de couleur: en différantde faire sortir les chefs noirs de la colonie,il était à craindre que l’on en eût perdu l’oc-casion. Il était impossible que les individusqui avaient gouverné en souverains, dont lavanité égalait l’ignorance, pussent vivre tran-quilles et soumis aux ordres de la métropole :la première condition pour la sûreté de Saint-Domingue était donc d’en éloigner i5o à 200chefs. En agissant ainsi, on ne violait aucunprincipe moral, puisque tous les générauxet officiers sont tenus de servir dans toutesles parties de l’état oû on veut les employer,puisque tous ces chefs noirs avaient eu descorrespondances avec la Jamaïque , avec lescroiseurs anglais . C’était tout à la fois priverla population de ses chefs militaires, et cou-per tous canaux avec l’étranger. Enfin il eût