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Tome quatrième.
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MÉMOIRES DE NAPOLÉON.

XVII e NOTE.

(Page 42.)

« Dans l’intervalle que m’avait laissé la trêve d’Amiens , j’avais ha-« sarde une expédition imprudente, qu’on m’a reprochée et avec raison ;« elle ne valait rien en soi.

« J’avais essayé de reprendre Saint-Domingue . J’avais de bons motifs«• pour le tenter. Les alliés haïssaient trop la France pour qu’elle osât res-« ter dans l’inaction pendant la paix. Il fallait donner une pâture à la cu-«riosité des oisifs; il fallait tenir constamment l’armée en mouvement* pour l'empêcher de s’endormir. Enfin j’étais bien aise d’essayer les ma-«rins. •

Le parti des colons était très puissant dansParis, l’opinion publique voulait Saint-Domin-gue ; d’un autre côté, la premier consul ne futpas fâché de dissiper les alarmes des Anglais , enenvoyant i5,ooo hommes à Saint-Domingue ;c’était assez manifester sa confiance dans la con-tinuation de la paix, et leloignement où il étaitde toute guerre maritime; ces i5,ooo hommeseussent réussi sans la fièvre jaune. Si Toussaint,Dessaline et Christophe eussent voulu se sou-mettre, ils auraient assuré leur état, leurs gra-des, leur fortune et celle des gens de leur cou-leur; on eût sincèrement confirmé la liberté desnoirs.