BATAILLE NAVALE d’aBOUKIR. 17
expédia un officier à Alexandrie pour demanderles matelots du convoi : peu après, il fit le si-gnal de se tenir prêt à mettre à la voile ; maisl’escadre ennemie arriva avec tant de rapidité,qu’on eut à peine le temps de faire le branle-bas;et on le fit avec une négligence extrême. Surl’Orient même, que montait l’amiral, des ca-banes , construites sur les dunettes pour logerdes officiers de terre pendant la traversée, nefurent pas détruites ; on les laissa remplies dematelas et de seaux de peinture et de goudron.Sur le Guerrier et sur le Conquérant, une seulebatterie fut dégagée. Celle du côté de terre futencombrée de tout ce dont l’autre avait étédébarrassée ; de sorte que, lorsqu’ils furenttournés, ces batteries ne purent faire feu. Celasurprit tellement les Anglais , qu’ils envoyèrentreconnaître la raison de cette contradiction ; ilsvoyaient le pavillon français flotter, sans qu’au-cune pièce fît feu.
La partie des équipages qui avait été détachéeeut à peine le temps de retourner à bord. L’ami-ral, jugeant que l’ennemi ne serait à la portéedu canon que vers six heures, supposa qu’iln’attaquerait que le lendemain , d’autant plusqu’il ne découvrait que onze vaisseaux de 7 1\ ;les deux autres avaient été détachés sur Alexan-drie , et ne rejoignirent Nelson que sur les huit
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