ÉGYPTE.-USAGES, ETC. IO9
Le général en chef eut plusieurs fois occasiond’observer quelques femmes des plus distin-guées du pays, auxquelles il accorda des au-diences. C’étaient ou des veuves de beys ou dekatchefs, ou leurs épouses, qui, pendant leurabsence, venaient implorer sa protection. Larichesse de leur habillement, la noblesse de leurdémarche, de petites mains douces, de beauxyeux, un maintien noble et gracieux , des ma-nières très élégantes, dénotaient en elles desfemmes d’un rang et d’une éducation au-dessusdu vulgaire. Elles commençaient toujours parbaiser la main du sultan Kébir (i) qu’elles por-taient ensuite à leur front, puis à leur estomac.Plusieurs exprimaient leurs demandes avec unegrâce parfaite , un son de voix enchanteur, etdéveloppaient tous les talents, toute l’aménitédes plus spirituelles Européennes. La décencede leur maintien, la modestie de leurs vêtementsy ajoutaient des grâces nouvelles ; et l’imagina-tion se plaisait à deviner des charmes qu’ellesne laissaient pas même entrevoir.
Les femmes sont sacrées chez les Orientaux,et dans les guerres intestines on les épargneconstamment. Celles des Mamelucks conservè-rent leurs maisons au Caire , pendant que leurs
(i)Les Arabes désignaient ainsi Napoléon; le mot Kébir veut direGrand,