1 36 MÉMOIRES DE NAPOLEÎON.
presqu’île du Gange. Les Français une fois maî-tres des ports d’Italie, de Corfou , de Malte etd’Alexandrie, la Méditerranée devenait un lacfrançais .
La révolution des Indes devait être plus oumoins prochaine, selon les chances plus oumoins heureuses de la guerre, et les disposi-tions des habitants de l'Arabie et de l’Égypte plus ou moins favorables, suivant la politiquequ’aurait adoptée la Porte dans ces nouvelles cir-constances. Le seul objet dont on dût s’occuperimmédiatement était de conquérir l’Égypte etd’y former un établissement solide ; aussi lesmoyens pour y réussir étaient-ils les seuls pré-vus. Tout le reste était considéré comme uneconséquence nécessaire, on n’en avait que pres-senti l’exécution. L’escadre française, réarméedans les ports d’Alexandrie , approvisionnée etmontée par des équipages exercés, suffisaitpour imposer à Constantinople . Elle pouvait, sion le jugeait nécessaire, débarquer un corps detroupes à Alexandrette ; et l’on se serait trouvé,dans la même année, maître de l’Egypte , de laSyrie, du Nil et de l’Euphrate . L’heureuse issuede la bataille des Pyramides, la conquête de l’É-gypte sans essuyer aucune perte sensible, lesbonnes dispositions des habitants, le dévoue-ment des chefs de la loi, semblaient d’abord assu-