ÉGYPTE.-BATAILLE d’aBOUKIR . I7I
contre la cavalerie. Cette infanterie , rencon-trée au milieu de la plaine par notre cavalerie ,ne put rejoindre la deuxième ligne, et fut jetée,la droite dans la mer, et la gauche dans le lacMadieh. Les colonnes de Lamies et de Destaing,qui s’étaient portées sur les hauteurs que ve-nait de quitter l’ennemi, en descendirent aupas déchargé, et les poursuivirent l’épée dansles reins. On vit alors un spectacle unique. Ces10,000 hommes, pour échapper à notre cavale-rie et à notre infanterie, se précipitèrent dansl’eau ; mitraillés par notre artillerie, ils s’y noyè-rent presque tous ! On dit qu’une vingtained’hommes seulement parvinrent à se sauver àbord des chaloupes. Un si grand succès, qui nousavait coûté si peu, donna l’espérance de forcerla deuxième ligne. Le général en chef se portaen avant pour la reconnaître avec le colonelCrétin. La gauche était la partie la plus faible.
Le général Lannes eut l’ordre de former sestroupes en colonnes, de couvrir de tirailleursles retranchements de la gauche de l’ennemi,et, sous la protection de toute son .artillerie, delonger le lac, tourner les retranchements, et sejeter dans le village. Murat avec toute sa cavale-rie se plaça en colonne serrée derrière Lannes,devant répéter la même manœuvre que pour lapremière ligne, et, aussitôt que Lannes aurait