placer les curés par des prêtres assermentés, etque les prêtres insermentés, poursuivis, tra-qués, pour ainsi dire, dans toute la dominationrépublicaine, se réfugièrent dans la Vendée . Ilsy furent reçus comme des martyrs. La face deces provinces devint encore plus théocratique,et la haine des paysans prit le caractère d’unehaine sacrée, qui n’était que trop légitimée parles plus cruels excès. L’institution des gardesnationales servit la Vendée ; elle donnait aupeuple le droit de s’armer, de s’organiser mili-tairement, et de nommer ses officiers. Les Ven-déens les choisirent tous parmi leurs anciensseigneurs, auxquels ils étaient accoutumés d’o-béir. Malgré les décades et l’abolition des fêtes,ils faisaient célébrer la messe, les fêtes et diman-ches , et se rendaient en armes à l’église pourdéfendre, disaient-ils, la maison du Seigneur etleur bon curé.
Jusqu’alors les nobles n’ont fait que suivre etavec peu d’ardeur le mouvement populaire. Ilsne furent pas les premiers à prendre les armes.Un riche artisan nommé Delouche, maire deBressuire , donna le signal de l’insurrection ar-mée. Il avait eu l’imprudence de publier la loimartiale contre de chauds patriotes qui le vou-laient contraindre à prendre des mesures derigueur ; obligé de fuir, il courut les cam-