MÉMOIRES 1)F. NAPOLÉON.
3ï4
éviter le pillage. » ün répondit : « C’est la lie dupeuple qui s’est livrée à ces excès que nous nepouvions réprimer. C’était aux officiers chargésde la police et non au divan à empêcher ce dé-sordre. » Alors on ordonna au gouverneur etàl’aga de faire publier l’amnistie et de faire ou-vrir les boutiques. Les habitants n’obéirent pasà cet ordre, les boutiques restèrent fermées; lesFrançais entrèrent dans quelques maisons degrands qui étaient fermées, et prirent ce qu’ilsvoulurent. Après eux entraient les gens du peu-ple qui n’y laissaient rien. Cet état de chosesdura plusieurs jours , jusqu’à ce que le généralordonnât qu’on mît les scellés sur les maisonsdes princes et de ceux qui leur étaient attachés.Les Français s’établirent dans quelques-unespar ordre du général ; les officiers qui crai-gnaient pour leurs maisons prirent un papierdu général en chef et l’affichèrent sur leursportes.
Barthélemy-le-grec , dont le surnom étaitGrain-de-Grenade, fut nommé lieutenant dugouverneur et sortit de la maison du généralen chef, à la tête de forces considérables. Beau-coup de troupes marchaient devant lui. Il avaitun plumet de différentes couleurs, il portaitune pelisse très riche, il avait devant lui desdomestiques avec des épées en argent.