354 MÉMOIRES DE NAl'OEÉON.
des janissaires, les chefs du commerce, lesgrands des Cophtes , les chrétiens de Damas etquelques Français , jusqu’à ce que le divan fûtcomplet. Quand on fut assis, Multi le Cophte,que l’on avait nommé cadi, commença par lireles conditions renfermées dans les articles. Avantde terminer la séance, le grand conseiller seleva et remit un papier au drogman qui le lut.C’était un discours dont le sens était: l’Égypte est un pays incomparable, le plus fertile dumonde. Les négociants y apportent des pays éloi-gnés des richesses. Les arts, les sciences, la littéra-ture actuelle n’ont pas encore pu atteindre celledes anciens Égyptiens. Ces qualités de l’Égypte la font ambitionner par tous les peuples quis’en sont emparés; d’abord les Persans, ensuiteles Romains, les Arabes , les Turcs. Le gouver-nement qui a fait le plus de tort à l’Égypte estcelui des Turcs, parce qu’ils arrachent l’arbrepour en prendre le fruit. A présent, le peupleest misérable, et la peur des avanies fait qu’ilse cache sous le manteau de la pauvreté, pourpouvoir se soustraire à la tyrannie. Mais,la nation française , après avoir apaisé lestroubles qui existaient chez elle et s’être faitun grand nom par la guerre, s’est occupée dusort de l’Égypte et de la délivrer de la situationoù elle se trouve. Elle désire le bien-être des