cèrement, parce qu’il la croyait le grand inté-rêt de ses peuples, et Frédéric-Guillaume n’étaitjamais indécis quand le devoir était prouvé.Cette fois il n’avait pas à prononcer entre desopinions plus ou moins spécieuses, entre despressentimens plus ou moins hasardés. Le faitétait clair, l’indépendance de l’État menacée ,son intérêt hors de doute. Dès lors, la jalousie,l’amitié, ne furent plus rien. Toute l’armée prus-sienne se porta vers la Vistule, et les Russes nepurent plus avancer qu’en l’écrasant.
L’appareil était trop grand pour le but. C’é-tait trop dépouiller peut-être notre frontière del’autre côté. Je suis convaincu que des mesuressuffisantes pour bien constater la volonté duroi, auraient été suffisantes aussi pour la fairerespecter dans ce moment-là; car la Russie nepouvait en même temps nous combattre etpoursuivre son objet principal contre la France .Mais on espérait sans doute, d’un grand exem-ple d’énergie, des fruits heureux pour l’avenir;et le ciel, qui avait décidé notre perte, nous en-traînait vers ce qui devait la rendre plus sûre.
Dès que la Russie eut la certitude jue nospréparatifs étaient sérieux, elle revint sur sesdéclarations, leur donna une explicaticn com-patible avec l’amitié, et fit désormais l’impossi-ble pour obtenir de notre conviction ce qu’elle