MATERIAUX POUR SERVIR A i/hISTOIRE. 4^5
reur de 1792, et marchait inévitablement versla catastrophe.
Le chagrin du roi fut extrême; il le fut avecd’autant plus de raison que, si le roi n’en avaitcru que lui-même , le malheur aurait été sansconséquence. Veut-011 un exemple de ce tactparfait qu’il devait à la nature? Il n’eut pas plustôt la certitude que la guerre allait recommen-cer entre l’Autriche et la France , que, méditantsur ce qui pouvait devenir l’écueil de sa neutra-lité, il prévit le sort des provinces de Franconie .Il se dit que, jetées sur la route des deux ar-mées, il était impossible qu’elles demeurassentintactes; que le vaincu s’échappe par tous leschemins; que le vainqueur, avant toute consi-dération, poursuit sa victoire; et qu’insister surla neutralité des margraviats, c’était renoncerd’avance à celle de la monarchie. Il crut plussage de ne pas vouloir ce qu’on n’aurait vouluqu’inutilement, et d’imiter sur ce point sonpère, qui, depuis 1795, tandis qu’un corps d’ar-mée, toujours sous les armes, veillait à ce quela neutralité de la masse de l’état fut respectéepar les puissances belligérantes, leur avait per-mis à toutes le passage par la Franconie , sous laseule condition de n’y point prendre de posi-tion stable et d’y payer tout comptant. Le roiordonna à son cabinet de déclarer que tels se-