33 6 L’ART UNIVERSEL
Ce qui est 1c plus nécessaire, ce sont les soldats, qui doivent estreau-ítant en nombre,qu’il en est besoin, quoy qu’ilsoit malaisé de dire pré-cisément ce qu’ilcn faut. 11 y en a.qui se règlent sur le contour de laPlace, à laquelle ils donnent autant de soldats qu’il y a de pas Géométri-ques, c’cst: à dire, de cinq pieds en cinq picds.vn soldat. D’autrcs met-tent deux cens hommes pour chaque Bastion-, cc qui est le plus fuivy,3£qui revient presque à l’autre. II est vray que cela est plus que suffisantpour vnc garnison ordinaire ; mais pour soutenir vn siege , il en sautdavantage, &: le plus qu’il y en pourra avoir, fera le meilleur, pourvoiqu’il y ait des vivres &: des munitions suffisantes.
II ne faut pas comprendre les habit an s dans le nombre des soldats:car les soldats vont aux coups, Lc les autres sont feulement propres à setenir aux corps de garde, dans les rues, à faire -la patrouille, & à garderleurs maisons ; les soldats exercez sont plus hardis plus courageux.De metme, on ne peut pas dite precilcment la quantité de munitionsde vivres & de guerre; il vaut mieux pour n’en manquer pas , en mettrele plus que l’on pourra, il n’y en aura jamais trop; du moins il faudroic.faire son compte pour huit mois, ou vn an. Et pour cela, le Gouverneur,avec les Officiers principaux de la Ville, visiteront les greniers tant pu-blics que particuliers , faisimt compte de toutccqu’ils y trouveront:Par exemple, en tel lieu tant de froment, tant de seigle, tant de millet »tant d’orgc,tant deris,&c. D emcfmc pour les caves, en tel lieu tant devin, tant de cidre. Si c’cst vn lieu où il n’y ait point de puits, ou de rivière,il faudra faire de grandes ci sternes pour y conserver de l’eau ; car pour lesfontaines, il ne s’y faut point attendre,-si la source n’est dans la Ville;,parce que si elle vient de dehors par aqueduct: ,1’Enncmy peut le rom-pre ,ou l’empoisonner, comme on a vu plusieurs fois; Lc par ce moyenobliger les villes à se rendre, puisqu'il est impossible de sc passer d’eaupourboire, pour faire du pain ,du potage, de la biere dans le besoin, Sc.mille autres choses, où elle est nécessaire. II faut encore du vinaigre tancpour les personnes, que pour servir au canon.
De plus, on doit faire apporter dans la Place tous les vivres qui sont.aux lieux circonvoisins,& y amener le bestail, bœufs, vaches, moutons,cochons, volailles,& tout ce qui fe peut manger, dont vnc bonne par-tie fe salera pour la conserver plus long temps. Et pour nourrir ce qu’on.veut garder en vie, il faudra du foin, de la paille, & ce qui est nécessai-re pour leur donner à manger ; &: s’il y a Cavalerie , il faut davanta-ge d’avoine , de foin ôede paille. Le fumier de ces animaux fe doitíhettre en referve , pour s’en servir au besoin à réparer les brèches ,a fe couvrir, & pour opposer au canon de l’Enncmy. Ce qui ne pourra