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LE COMTÉ DE BOURGOGNE
quantité de terres suffisante à leur entretien. Ces meixou héritages qu’elles fécondaient par leurs labeurs, pas-saient à leurs descendants, et il est rare que les obliga-tions primitives, une fois consacrées par l’usage, aientsubi des modifications essentielles au préjudice des ha-bergeurs.
Les religieux de St-Oy an-cle-Joux furent les premierscolonisa leurs dans le mont Jura ( 4 ). Tout ce qui s'éten-dait autour de leur abbaye jusqu’à une assez grande dis-tance, avait été mis en culture ou fournissait les meilleurspâturages; la population s’était multipliée, et cinquanteans après la mort de Charlemagne, les chartes de ses suc-cesseurs mentionnent dans cette contrée l’existence cl’unassez grand nombre de lieux, tels que Viri, Molenges,Meucia, Martigna, Moirans, etc. ( s ). Une telle prospéri-té, qui allait toujours croissant (®), fit naître l’émulation.Les moines de Romainmoutier ne tardèrent pas à suivrel’exemple de leurs frères de St Oyan. Au commencementdu douzième siècle, ils pénétrèrent dans le voisinage dulac Damvautier et là où sont aujourd’hui Vaux et Chan-tegrue, tandis que vers l’année H 85, Béatrice de Bour-gogne, femme de l’empereur Frédéric I , faisait construiredes habitations sur la montagne qui domine leur monas-tère, et les abandonnait à des colons, à charge de fécon-der les terres d’alentour( 7 ). Dans le même siècle, lesreligieux de Morleau avaient appelé à l’entour d’eux d’in-trépides défricheurs, et ceux-ci, bravant les obstacles lesplus rudes, essartèrent successivement tout le domainedu prieuré ( 8 ). Plus tard les petits-fils de ces cultivateursallèrent occuper la Chaux de Coublon et la vallée du Lo-cle, propriétés du sire de Valangin et de l’église de Fon-taine-Andrc ( 9 ). Déjà en 4145, Rodolphe II , comte de