ET l’hELVÉTIE, DÈS LE XI® AU XVII e SIECLE. 283Neuchâtel, avait fait exploiter quelques portions du Val-de-Ruz par des familles de Boudry , Colombier, la Côte,St Biaise etc., qu’il y transporta sous la réserve que sonfrère Berthold , auquel il venait de céder ce territoire,lui restituerait plus tard un nombre d’hommes égal à ce-lui qu’il recevait de lui ( 10 ). En 1242, le sire de Valangin introduisit au Val-de-Travers et dans ses Joux-noires, desfrancs-habergeurs pour favoriser les défrichements ( H ).
Simon de Crépy , comte de Valois et de Vexin , fatiguédes pompes mondaines, avait embrassé la vie des ana-chorètes. De St Oyan, où il s’était d’abord retiré, il passadans la partie la plus sauvage et la plus ingrate de Noir-mont, suivi de quelques frères, et s’arrêtant à la sourcedu Doubs , il prit lui-même la hache, abattit les bois,éleva des habitations, et devint le fondateur du prieuréde Mouthe (vers 1077) ( 12 ). En 1296, la terre de ce nométait composée de trois villages; elle en possédait neufdeux cents ans après. Des bienfaits semblables sont dûsaux moines de Grandçaux, envoyés du pays de Savoie ,et aux solitaires de Bonlieu; les uns et les autres opérè-rent, dès 1172, dans le voisinage de leurs maisons, desdéfrichements importants, et firent d’une contrée jus-qu’alors aride et presque déserte, le centre d’une popu-lation laborieuse ( 13 ).
Dans le treizième siècle, une autre portion des vastessolitudes du Jura fut mise en culture par le comte Jeande Châlon et par son fils le premier baron d ’Arlay. Jeanl’Antique , qui possédait Jougne et le Val-de-Miéges, avaitété frappé de l’importance qu’il y aurait pour lui d’ajou-ter à ces seigneuries tous les territoires alors inhabitésqui s’étendent de la source de l’Orbe jusqu’à Mouthe, etmême aussi les Joux situées en dehors de ces limites, du