298 LE COMTÉ DE BOURGOGNE
imprévoyance. Les moines, meilleurs économes, et quitrouvaient un puissant appui dans l’esprit de corps, ontmis peu d’empressement à octroyer aux serfs de leursdomaines quelques adoucissements à leur triste condi-tion ( 2 ).
Les premières communes ainsi constituées dans laFrance des onzième et douzième siècles, sont Beauvais ,Laon, le Mans et Noyon . En Haute-Bourgogne et dansl’Helvétie, leur établissement est d’une date un peu plusrécente. Fribourg a obtenu ses franchises en 1178,1249et 1274 ; Besançon en 1179 et 1190 ; Berne en 1191 et1218. Celles des autres villes appartiennent aux treizièmeet quatorzième siècles ( 3 ). Les chartes qui en contiennentl’expression se distinguent généralement par la sagesseet l’équité dont elles sont empreintes. Là où manquaientles titres de libertés, elles se constataient par l’usage etla tradition. En Franche-Comté, Baume-les-Dames , Cler-çal, Ornons, Pontarlier et Vesoul , sans avoir jamais eude lettres de commune, n’ont pas cessé d’en exercer tousles droits; il en est ainsi de Genève et de Lausanne , deMorat, Payerne, Orbe et quelques autres lieux de la Suisseromande .
Toutes ces franchises, entièrement d’accord sur lespoints essentiels, offrent aussi dans la plupart de leurs dis-positions secondaires des rapprochements fort curieux.Elles ont entre elles une physionomie si semblable, je di-rais volontiers un si grand air de famille, à part les spé-cialités toutes locales, qu’on les croirait prises sur le mê-me modèle. Cette ressemblance s’explique aisément. Lacharte de Neuchâtel-outre-Joux fut octroyée selon les uset coutumes de Besançon; celle de Montbéliard a servi detexte à celles de St Hypolite, Blamont, Belvoir, Clémont