Band 
Tome premier.
Seite
301
JPEG-Download
 

ET l’iIELVETIE, DÈS LE XI® AU XVII e SIECLE. 501Plusieurs opinions se sont fait jour dans le but d’ex-pliquer cette dénomination et d’en assigner l’époque. Surle premier point, les uns, tels que Grivel ( 6 ) et Dom Plan-cher ( 7 ), ont parlé des immunités du peuple, les autresde l’indépendance absolue des souverains. Parmi ceux-ci le président Chifflet ( 8 ), remontant jusqu’au douzièmesiècle, pense qu’il en faut chercher la cause dans le refusdu comte Renaud 111 de reconnaître l’autorité des empe-reurs. Gollut et Dunod ne prennent aucun parti; maistous deux affirment que dès le même temps la Bourgo-gne est devenue pays de franc-aleu, libre de toute mou-vance, et n’obéissant qu’à ses comtes qui ne relevaienteux-mêmes que de Dieu et de leur épée. Après ces au-teurs, un écrivain dont le nom échappe à mes souvenirs,est venu prolonger d’un siècle la durée de cette mouvan-ce, pour ne la faire cesser qu’à l’extinction de l’illustrefamille de Hohenstaujfen en 1254. Alors, dit-il, le comtéobtint son entière liberté, perdant ainsi sa nature de fiefqu’il avait conservée jusqu’alors. Ces faits produits avecune grande assurance, s’évanouissent devant le témoi-gnagne des documents. A l’exception de Renaud III ( 9 ),tous les comtes de Bourgogne , depuis Otton-Guillaumejusqu’à Jean-sans-peur , se sont reconnus feudataires del’empire, et la plupart ont fait à son chef l’hommage ac-coutumé^ 0 ). Philippe-le-Bon , fils et héritier du duc Jean,ne le refusa point formellement, mais il s’en abstint ( J1 ),et son successeur suivit cet exemple. On le voit cepen-dant entamer à Trêves une négociation avec l’empereurFrédéric III , pour faire ériger ses états en royaume, sousl’ancien titre de Bourgogne , en y joignant celui de vi-caire impérial (1475) ( 12 ).