ET l’iIELVÉTIE, DÈS LE X1 C AU XVII e SIÈCLE. SIS
procédé aussi étrange détermina la diète, à laquelle il enfut rendu compte sur-le-champ, à arrêter dans sa séancedu 15 «que pour le maintien de l’amitié et du bon voi-» sinage, il sera pourvu, de part et d’autre, à ce qu’on» n’attente ni innove aucune chose quant aux limites, et» qu’en cas d’entreprise ou nouvellelé, la connaissance» lui en sera dévolue pour juger soit par sentence défi-» nitive, soit par autre voie plus agréable aux deux états» souverains ( 2i ). »
Les différends dont je rends compte étaient dans touteleur force, quand, au mois de septembre 1571, les sujetsde Vallorbes et de Romainmoutier tentèrent plusieurs en-treprises sur les seigneuries de Jougne et de Rochejean,et ils duraient encore lorsqu’en 1578 (18 avril) ceux deRomainmoutier, armés de morions et d’arquebuses, setransportèrent en une place de la montagne du Noirmont,dite sur l’Échelle, habitée par quelques familles de culti-vateurs. Attaqués à l’improviste et sans moyens de dé-fense, ils subirent nombre de mauvais traitements et du-rent voir ériger sous leurs yeux un poteau aux armes delîerne qu’ils jurèrent de respecter ( 2S ).
Cependant le souverain du comté de Bourgogne, donttoutes les tentatives de conciliation avaient échoué, mon-trait une juste impatience d’arriver au terme de celtelutte déjà si longue; il semblait même disposé à vouloiren finir à tout prix. Ses envoyés à la diète du mois denovembre 1586, Jean de Gilley, seigneur de Marnai, etl’écuyer Vincent Benoit offrirent de sa part d’abandonnerla contestation au jugement de cette assemblée. La de-mande, sur laquelle les députés des cantons n’étaient paspréparés, fut renvoyée à une nouvelle diète qui l’accueil-lit l’an suivant. Mais il devenait nécessaire de s’enlen-