316 LE COMTÉ DE BOURGOGNE
dre sur le mode d’exécution, et il ne fut résolu qu’en1388. A cette époque la diète proposa « qu’il plaise au» roi d’Espagne de désigner trois ou quatre personnages» de la confédération à son choix, que l’état de Berne fe-» rait le semblable, qu’ils visiteraient les territoires con-» lestés et auraient le pouvoir de vider le différend par» amiable composition ou par sentence judiciaire, atten-» du, ajoutait-elle, qu’il n’est ni possible ni sa coutume» de juger sur rapport et sans examen des lieux ( 26 ).
On devait croire que rien n’arrêterait désormais lapacification désirée avec tant d’ardeur dans le comté deBourgogne. S’il en fut autrement, c’est que les Bernoisavaient d’autres desseins. Ils l’entravèrent par toutes lessortes d’influences; firent valoir une foule de moyens di-latoires, mirent en jeu de misérables pratiques, renouve-lèrent les attentats et les voies de fait les plus graves : letout dans l’espoir, qui ne fut pas vain, d’obtenir bonmarché des Bourguignons fatigués de ces débats ruineuxet interminables. C’est ainsi que le 17 juin 1393, cin-quante hommes armés du bailliage de Nyon envahirentinopinément la vallée des Landes ( 27 ), avec tambour et fifresonnants; la résistance qu’ils éprouvèrent les porta auxplus coupables excès. Non contents de se livrer au pilla-ge, ils mirent le feu à dix-sepl maisons; vingt habitants,dont plusieurs avaient été blessés en se défendant, furentgarrotés et emmenés prisonniers par ces misérables quiannoncèrent le dessein de faire pis encore, si la populationde la vallée persistait à méconnaître la souveraineté deBerne . Des excès presque aussi répréhensibles éclatèrenten 1396 dans le voisinage de St Claude, et se reproduisi-rent sur d’autres points jusqu’en 1603. Deux ans avant,l’archiduc Albert, gouverneur-général des Pays-Bas,