ET l’iIELVÉTIK, DÈS LE XI e AU XVII e SIÈCLE. 317avait de rechef pressé le sénat de se conformer à l’arrêtéde la diète, lui mandant qu’il était dès long-temps prêtà nommer ses arbitres. Le choix de Berne fut encore dif-féré : il tomba enfin sur les bourguemestres de Zurich etde Schaffhouse ; celui de l’archiduc s’était porté sur lesavoyers de Fribourg et de Lucerne ( 28 ). Ces juges, commele dit l’historien Dunod ( 29 ), taillèrent sur la pièce. StCergues, appartenant à l’abbaye de St Claude et prin-cipal objet de la contestation, fut attribué au canton deBerne, et la Bourgogne déclarée à jamais déchue du droitde revendiquer les terrains dont elle était dépouillée parla délimitation, «lors même qu’elle viendrait à recouvrer» des titres d’une incontestable évidence. » Cette sentenceest du 31 juillet 1606. Elle avait été précédée de la plan-tation de cinq bornes, notoirement insuffisantes pour uneopération qui embrassait quinze lieues d’étendue. Aussiserait-on en droit de répéter avec le même Dunod, queles arbitres, « par une partialité coupable, n’en avaient» déterminé un si petit nombre que pour donner occa-»sion de former de nouvelles entreprises. »
Elles ne se firent pas long-temps attendre. Le dom-mage qu’elles causaient aux propriétaires de la frontière,troublés dans leur repos et dans leur fortune; les dépré-dations dans les forêts, les anticipations sur les commu-naux, les violences de toute nature ( 50 ) provoquèrent desplaintes si énergiques et si unanimes, que les états de laprovince, représentants naturels de ses intérêts, se firentun devoir d’adresser à la veuve d 'Albert, Isabelle d’Es-pagne, qui gouvernait les Pays-Bas et la Franche-Comtéde Bourgogne, l’instante prière d’apporter un remèdeefficace à tant de maux. Des conférences s’ouvrirent en1631. Elles durèrent trois ans sans procurer aucun ré-