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temps M. Rousseau avait pris la route de Bâle pour serendre à Berlin .
J’ai marqué ci-dessus que M. Rousseau s’étoit proposéde passer cet hiver prochain à Bienne , et voici ce quil’en a détourné. Un M. Kirchberger qui a un vignobleà Gleresse , fort attaché à M. Rousseau , en vue de sonderle terrain a visité nos principaux magistrats, et rapportalundi soir à M. Rousseau que plusieurs étoient bien por-tés en sa faveur, mais que d’autres n’avoient pas dis-simulé que fermer les yeux sur un long séjour deM. Rousseau à Bienne seroit indisposer Berne et leprince; sur ce, M. Kirchberger et surtout l’Anglois dontj’ai fait mention, comprenant que M. Rousseau ne pour-rait passer ici l’hiver sans s’exposer au risque de quelquedésagrément, lui conseillèrent de se prévaloir des beauxjours qu’il faisoit encore pour se rendre à Berlin ; l’Angloisinsista surtout sur ce qu’il étoit très - expressémentchargé et prié par milord Keith d’employer tous ses ef-forts pour le porter à prendre enfin ce parti, en l’assurantque non-seulement il seroit protégé du roi, mais de plusqu’il en seroit accueilli. Sur ce, M. Rousseau sans plushésiter, prit le parti de partir le lendemain de grandmatin , et c’est ce qu’il avoit exécuté une couple d’heuresavant l’arrivée à Bienne de votre lettre l’ayant pour objet ;et comme votre dite lettre exprime dans les termes lesplus expressifs , les plus forts et les plus parfaits , votredévoûment à milord , votre attachement à M. Rousseauet le cas que vous faites de la supériorité de son mérite,je me fais un devoir de la remettre aujourd’hui à M. Vaux-travers qui sera de retour pour le dîner, et de le prier del’inclure dans la première qu’il lui adressera, étant pré-venu que le dit M. Vauxtravers doit lui écrire au plus