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[Tomes II. - III.]
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N° 25.

A Trye, le 13 décembre 1767.

Au même.

Mon cher colonel ; malgré l'opposition de M. du Pey-rou à vos offres réitérées et à toutes mes sollicitations,je dois dire qu’il est dans le cas d’avoir besoin de vossoins, et d’autant plus que l’accablement qui me gagnepeut me mettre d’un jour à l’autre hors d’état de lui con-tinuer les miens. Ce n’est pourtant pas sa santé qui ena besoin. Il a eu une nouvelle petite atteinte de goutteaux places ordinaires, et dont il est parfaitement rétabli.Mais je vois que sa tête n’est pas aussi bien remise queson corps, et cela, joint à ses fréquentes rechutes , neme permettroit pas de le voir partir seul dans cette saisonpour une aussi grande route, sans de vives inquiétudes;d’autant moins que son domestique Grisel loin de con-tribuer à rétablir son esprit dans son assiette, paroîtbien plutôt travailler à l’altérer, espérant peut-être entirer meilleur parti dans un état d’affoiblissement. Cegarçon ne me plaît point, quoique assurément je le laissede très-bon cœur vivre chez moi à discrétion ; et ce quin’augmente pas ma confiance en lui, est l’extrême craintequ’il a de vous voir paroltre : il faut qu’il ait des raisonsde vouloir se cacher de vous. Quoiqu’il en soit, venez,mon colonel, si vous le pouvez, et le plutôt sera lemieux : je regarde ce devoir d’amitié de votre partcomme indispensable dans la circonstance. Si vous nepopvez absolument venir, engagez madame la comman-dante à envoyer M. Jeannin ou quelqu’un de confiance