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les prétentions de l’empire et des autres puissances quiauraient eu quelque dessein de le conquérir.
D’ailleurs il ne faut pas douter que la douceur avec la-quelle les comtes ont de tout temps traité leurs sujetsn’ait beaucoup contribué à affermir leur souveraineté. Ilsont affranchi ceux qui étaient de main-morte, ils ontdonné de grands privilèges à tout le pays, mais surtout àla ville de Neuchâtel , qui en est la capitale, et en les in-téressant de la sorte à la conservation de l’Etat, ils se l’ontassurée puissamment à eux-mêmes ; car il n’y a point dedomination plus assurée que celle où l’on obéit volontai-rement , et sans être assujetti par contrainte. En effet, lesprinces leurs successeurs y ont heureusement conservéleur autorité et la paix en leur maintenant les franchiseset les privilèges qu’ils leur ont donnés , et ils ont si for-tement acquis l’amour de leurs sujets que l’on peut direqu’ils régnent sur leurs cœurs aussi absolument que surleurs biens. Cette douce domination était même plus né-cessaire dans le comté de Neuchâtel qu’en d’autres états,car on peut dire très-véritablement du peuple de cette sou-veraineté, lequel étant placé entre les Suisses et les Francs-Comtois peuples qui sont les plus libres de l’Europe ,qu’il tient de leur humeur, et est beaucoup plus propre àobéir à son prince comme sujet qu’à servir comme esclaveà un maître. Les comtes de Bourgogne ont tenu la mêmevoie, ayant donné de si beaux privilèges à leurs sujetsqu’ils en ont reçu le nom de Francs-Comtois ; aussi ont-ils toujours été fidèles et attachés à leurs princes par leurdouce domination ; au lieu qu’un empire fâcheux et dé-sagréable ne subsiste ordinairement qu’autant de tempsque la nécessité force les sujets de le souffrir.
Ces avantages ont donné moyen aux comtes de Neu-