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changement qui s’est fait dans la nature de ce fief de Neu-châtel , et qu’il le leur fallait faire savoir. La confiscationqu’ils en ont faite et le peu d’obéissance qu’ils y ont trouvéà leurs ordres, leur a suffisamment fait connaître qu’ilsn’y étaient plus reconnus pour seigneurs féodaux et sou-verains. Semblablement la maison de Châlon étant éteintedès l’an 1530, comme je le ferai voir ci-après , on nepeut pas dire que l’empereur en ait reçu aucune foi ethommage, et qu’ils aient perdu les services du fief dudepuis. De sorte que la prescription a couru dès-lors sansaucun obstacle, puisque l’empire n’a jamais réclamé sesdroits.
Enfin ce qui lève toutes les difficultés sur ce sujet,c’est que les princes de Neuchâtel sont reconnus partous les états voisins et éloignés pour souverains, et queS. A. S. de glorieuse mémoire ayant été choisi par le roitrès-chrétien , pour aller à Munster comme ambassadeurplénipotentiaire pour traiter la paix avec l’empereur, ilest qualifié de prince et comte souverain de Neuchâtel dans les lettres patentes de son plein-pouvoir, dont il estfait mention à la fin du traité de Munster. Ces lettresayant été vues par les plénipotentiaires de l’empereur,par tous les députés de l’empire qui y étaient alors assem-blés , il ne faut pas douter qu’ils n’eussent fait quelquesoppositions sur ce titre de prince souverain de Neuchâtel ,qui était donné à S. A. S., s’ils eussent cru avoir encorequelques droits sur ce pays ; mais ils l'ont non-seulementsouffert, ils l’ont même avoué en recevant ces lettres, cequi rend désormais la chose incontestable. Au reste lescomtes de Neuchâtel possédaient déjà la plupart des droitsroyaux et de seigneurie , avant même qu’ils se fussentrendus indépendans de l’empire. Ils faisaient première-
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