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tager. Que si cette division des fiefs avait pu s’introduirepar la force de la coutume, pourquoi ne pourrait-on pasmettre l’indivision en sa place , elle qui est beaucoup plusavantageuse pour la conservation des familles, pour l’in-térêt du prince et pour le bien de l’état ? Mais si on pou-vait sans inconvénient partager les biens de ce comtépendant qu’il n était qu’un fief, il n’en est pas de mêmeà présent qu’il est changé en une souveraineté. Car puis-que le propre de l’union est de réduire les choses uniesdans une même condition, il faut qu’une terre qui est in-corporée à une souveraineté en prenne la nature qui estdelre indivisible, parce qu’il est raisonnable que ce quiest moins considérable suive ce qui l’est davantage; c’estainsi que .dans le comté de Bourgogne , où les partages sefaisaient à-peu-près de la même sorte qu’en celui de Neu-châtel , pendant qu’il était sous la domination de la pre-mière famille, les cadets avaient part aux biens et por-taient aussi la qualité de comtes, quoiqu’ils reconnussentl’aîné pour seigneur et qu’ils en fussent vassaux. Maisaprès la mort d’Othon comte palatin de Bourgogne, il s’al-luma une cruelle guerre entre le duc de Méranie, maride Béatrix, et Girard de Vienne , mari de Jeanne, ses deuxfilles, à cause des partages du comté et du titre de comte,que chacun d’eux voulait avoir. Cette guerre dura long-temps , et enfin elle fut entièrement éteinte l’an 1248, parle mariage qui se fit entre Hugues de Vienne et Alix , luidescendant de ce Girard de Vienne , et elle du duc de Mé-rante ; la qualité de comte ne fut plus concédée qu’à l’aîné,et le comté de Bourgogne ayant dès-lors commencé de s’é-riger en souveraineté, on y introduisit la coutume de l’in-division. Pareillement on peut dire que si autrefois il étaitpermis de partager le comté de Neuchâtel , sous les trois