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vision , aussi bien que le comté même. On n’en a rien sé-paré par tous les partages qui ont été faits dans les troisdernières familles de Neuchâtel , et on a toujours laissétous les biens à un seul, soit qu’ils consistassent en droitsseigneuriaux, en fonds, ou en quelque autre chose que cesoit. En effet, lorsque l’on dit que le comté est indivisible,on y comprend tous les biens qui en dépendent. Que si l’onsuit encore la raison de l’état, il n’y a point de doute qu’ilen faudra toujours user de la sorte , car ce n’est rien d’enconserver la dignité, si on ne maintient aussi les bienspar lesquels elle subsiste. Les noms illustres de princes etde souverain, perdent leur éclat dans la pauvreté, etlorsque l’abondance des biens ne soutient pas la gloire dela famille, elle a bien de la peine de conserver sa splen-deur. On voit une infinité d’exemples de grandes maisonsque le partage des biens a presque réduites dans la nécessité;ce qui a fait que le peuple qui ne juge des choses que parl’apparence, a perdu l’admiration qu’il avait pour ellespendant leur abondance. Cependant c’est une chose très-dangereuse, surtout pour les grands, parce qu’ils tombentpar ce moyen trop facilement dans le mépris. Il ne fautpoint douter que les richesses ne soient les nerfs des étatsaussi bien que ceux de la guerre. Ce sont des moyenstrès-propres pour les maintenir et pour affermir l’auto-rité des souverains; mais ils ressemblent à ces torrens quientraînent tout lorsqu’ils sont extrêmement grossis et quiont delà peine à se faire reconnaître quand ils viennenta perdre leurs eaux. De sorte qu’il est entièrement né-cessaire de les augmenter afin de redoubler les avantagesque l’on en reçoit, plutôt que de les diminuer incessam-ment par les partages dont l’ordinaire est de réduire àrien ce qui aurait été grand en ne le divisant point. Ce-