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[Tomes II. - III.]
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cause que son père était leur aîné. Puis donc que la cou-tume a introduit ce droit en faveur de l’aîné, il semblequ’on ne saurait le lui disputer avec raison, et c’est sanscontredit le sentiment de toutes les nations qui ont pres-que universellement jugé pour très-juste que dans lessuccessions des souverainetés , il fallait suivre l’ordre del’âge et de la -nature.

Enfin pour conclure tout ce discours sur la cou-tume qui s’est introduite touchant la succession du comtéde Neuchâtel , il me semble quelle est désormais assezclairement démontrée pour ne faire plus aucune difficultéde croire qu’elle est établie en faveur de l’indivision et del’aînesse. Quand on considère les testamens des ancienscomtes qui tendent tous à cela, les dots en argentqui ont été constituées aux filles pour les exclure en-tièrement des biens du comté, l’hommage qu’il a falluque les cadets aient rendu pour leur part aux comtes leursaînés pendant la première famille, la pratique observéedans les autres trois de ne bailler ni aux cadets ni auxfilles aucune part au comté et aux biens qui en dépen-dent , les partages qui ont été faits dans la sérénissimemaison de Longueville, les sentences des seigneurs deBerne et des états de Neuchâtel , le consentement des prin-ces et celui du peuple, quand on considérera, dis-je, tou-tes ces choses, on ne pourra plus douter que la perpé-tuelle intention des princes n’ait été de rendre le comtéindivisible pour le conserver tout entier à l’aîné; car lavolonté se découvre aussi souvent parles actions que parles paroles, et on peut dire que les actions témoignentmême plus fidèlement que les paroles des intentions d’unepersonne, surtout quand elles montrent constamment detemps en temps et de successeur en successeur, qu’elles