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mais il ne doit point avoir d’égal dans son état, autrementil n’y serait plus souverain, puisqu’il s’y rencontrerait unepersonne dont l’autorité pourrait restreindre la sienne etl’empêcherait d’agir, en quoi il cesserait d’être souverainet deviendrait sujet en quelque sorte ; l’autorité souve-raine ressemblant à une couronne qui cesse d’être cou-ronne quand on l’a divisée. Mais il y aurait de bien plusgrands inconvéniens pour tout l’état en général : commeil est impossible qu’on puisse bien obéir à deux maîtresen même temps et les révérer également à cause du peud’amitié qui se rencontre ordinairement entre des compéti-teurs, cela causerait une infinité de désordres ; ce que l’und’eux voudrait ne plairait pas à l’autre, et cette contestationperpétuelle empêcherait tous les bons desseins et produiraittoute sorte de fâcheux accidens en divisant leurs sujets parleur exemple, ce qui ferait naître des guerres civiles à toutmoment. C’est ce qui faisait dire au grand Alexandreque sans une horrible confusion de toute chose, le mondene pourrait être gouverné par deux soleils et souffrir deuxpuissances souveraines. Ce qu’il dit du monde entier sepeut dire avec raison d’un état particulier, lequel ne doitavoir qu’un souverain qui le régisse, comme le corps n’aqu’un esprit qui l’anime. On peut prouver la vérité deces raisons par un nombre infini d exemples. Celui desdeux premières races des rois de France ne fait-il pasvoir que ces sortes de partages remplissent un état deconfusions perpétuelles , et qu’ils sont capables de ruinerles plus grands royaumes. On remarque, au contraire,combien l’indivision qui a été pratiquée par la troisièmerace a été avantageuse à la France : elle a remédié à cesguerres intestines qui font si souvent déchirée, elle luia donné le moyen de se réunir entièrement, et en peu de
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