Band 
[Tomes II. - III.]
Seite
194
JPEG-Download
 

— 194

mots elle l’a rendue une des plus durables et la plus puis-sante monarchie du monde. Mais pour ne point sortir ducomté de Neuchâtel , il a manqué d’être entièrement dis-sipé par les partages et par le démembrement de ses ter-res ; car le comte de Montbéliard ayant acheté la sei-gneurie de Valangin de l’un des successeurs de celui au-quel elle avait été baillée en partage, il ne l’eût jamaisrelâchée, si le comte de Neuchâtel ne l’y eût obligé parle moyen de la souveraineté qu’il en avait encore. Si onn’eût eu des amis à Berne , à peine aurait-on pu em-pêcher qu’ils ne l’eussent achetée eux-mêmes aussi bienque la seigneurie de Colombier. Les inféodations faitesaux enfans naturels de la maison ont causé plusieurs dé-sordres , et on a été contraint, sous la seconde famille ,d’en venir jusque là , que de faire perdre la tête sur unéchafaud à Vauthier, qui avait Rochefort, et de confis-quer deux fois Vaumarcus, Gorgier et Travers pour crimede félonie ; au lieu que dès que le comté a été renduabsolument indivisible, il jouit d’une profonde tranquil-lité. Tout le monde ayant reconnu les avantages quel’indivision apporte, il n’y a point de royaume oû ellene soit à présent en usage. Toutes les souverainetés qui sesont formées du débris du royaume de Bourgogne l’ontétablie, en même temps qu’elles s’en sont soustraites, quoi-qu’elles se partageassent auparavant ; car la Franche-Comté, la Savoie , le Dauphiné et la principauté d’Orangequi en dépendaient autrefois, sont à présent indivisibles ;et dans l’Italie, le Piémont et les duchés de Milan , deFlorence, de Ferrare, de Mantoue , et du Montferrat, nese partagent point. La même chose se pratique presquedans toutes les familles d’Allemagne , comme je l’ai montréci-devant, quoique les princes reconnaissent l’empereuret que leurs états soient des fiefs de l’empire.