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Toutes ces raisons montrent assez fortement la néces-sité et l’avantage qu’il y a de ne point souffrir que lessouverainetés soient partagées; mais comme les difficultésqui les concernent sont bien souvent décidées par la forceet par la violence plutôt que par la raison et le droit, prin-cipalement lorsqu’il se rencontre quelque sujet de for-mer des doutes et des contestations avec quelque appa-rence de raison , il me semble que S. A. S. Madame feraitune chose digne de sa prudence incomparable et de latendresse qu’elle a pour Messeigneurs ses enfans, si elleleur faisait, lorsqu’ils seront en âge, établir si fortementle droit d’aînesse, que quant à l’indivision de la souverai-neté de Neuchâtel et de tous les biens qui en dépendent,il ne restât plus à l’avenir le moindre sujet d’y contredire.Elle affermira par ce moyen la grandeur de la sérénis-sime maison de Longueville, elle en conservera l’éclat etla splendeur. Elle rendra sa domination plus ferme et plusassurée, enfin elle rendra la tranquillité de cet état moinssujette à de fâcheux accidens qui la pourraient troublersans cela, et elle attirera la bénédiction et les louangesde tous ses sujets qui n’oublieront jamais la généreusebonté qu elle aura eue de contribuer par ses soins et sarare prudence à l’affermissement du bonheur de ce pays.