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FORMATION ERRATIQUE
présence de coquilles marines bien conservées prouvent qu’ils ontdû se former dans une mer peu agitée ; mais pour concilier aveccette circonstance la présence des blocs erratiques qu’on y trouveensevelis, l’auteur a recours à l’hypothèse du transport par lesglaces, hypothèse qui paraît d’abord en contradiction avec une tem-pérature générale du globe plus haute qu’elle ne l’est aujourd’hui,mais qui peut cependant être admise, caries lignes isothermes, parsuite d’unerépartition différente des eaux et d’un relief du sol égale-ment différent, n’étaient probablement pas les mêmes qu’actuelle-ment, et l’Europe centrale a pu avoir une température plus basse,quoique la température générale du globe fût en réalité plus élevée.En effet, nous avons vu que les glaces flottantes descendaient jus-qu’au 40° lat. N. sur les côtes d’Amérique. Cette hypothèse ren-drait compte, en outre, d’une manière assez satisfaisante, des cir-constances que présente le dépôt erratique, surtout si l’on admetque la Baltique a été graduellement réduite aux proportions quenous lui voyons par un soulèvement lent du continent, tel quecelui que l’on observe encore dans certaines parties de la presqu’îleScandinave ( ante , vol. I. p. 645).
La forme des œsars, leur disposition , leur parallélisme avec lessillons et les stries d’érosion conduisent naturellement à l’idée d’uncourant qui aurait sillonné la partie méridionale de la Suède , duN.-N.-E. au S.-S.-O. M. Durocher a constaté, comme M. Sefstrœm,que les œsars étaient adossés au côté méridional des montagnes qui,dans celte direction, leur avaient fait obstacle. On a vu qu’en Fin lande , quoique le phénomène des œsars y soit moins prononcé, leurdirection était N. 25° O. à S. 25° E., direction qui, avec la précé-dente, représenterait les rayons de la demi-circonférence, dans la-quelle se trouve compris le grand dépôt erratique de l’Europe cen trale . On avait d’abord pensé que les courants venaient des plateauxles plus élevés du Nord, et Bœhtlingk avait assigné une direc-tion N.-N.-O, S.-S.-E. au courant remontant du fond du golfe deBothnie sur le plateau de la Finlande . M5I. Murchison et de Ver-neuil avaient observé des stries dans la même direction sur les bordsdu lac Onega , et de son côté Bœhtlingk admettait qu’en Laponie les stries avaient été tracées par une action qui s’était exercée endescendant les deux pentes opposées des parties élevées du pays. MaisM. Durocher, ayant remarqué que vers le 70” lat., au nord de laLaponie , où les montagnes inclinent vers l’O. et vers l’E., les striesont encore la même direction générale qu’en Finlande , a dû re-