DU NORD DE r’EUROFI.
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porter eu dehors de la Scandinavie le point de départ des agentsqui les ont produites. Il pense que le creusement des sillons et desstries s’est fait en remontant des profondeurs de la mer Glacialejusqu’au plateau de la Laponie , élevé de 750 mètres au dessus de lamer. Ces sillons et ces stries, très marqués sur le versant nord et àla surface du plateau, le sont moins sur la pente qui regarde Torneo ;ce qui conduit l’auteur à reculer jusqu’au Spilzberg et, peut-êtreplus loin encore , vers les régions les plus voisines du pôle , l’ori-gine de cette action dont les effets se sont manifestés jusque vers lesparties centrales de l’Europe , avant la naissance du genre humain.
La cause de cet immense phénomène qui s’est peut-être étenduen même temps sur l’autre portion de l’hémisphère nord , puisqu’onobserve des traces semblables au Canada , et dans la plus grandepartie des États-Unis , se dirigeant aussi du N. au S. , et dérivantpar conséquent du pôle boréal ; cette cause, disons-nous, serait,suivant Al. Durocher, une grande masse d’eau partie des régionspolaires, et probablement accompagnée de glaces, qui aurait inondéles contrées septentrionales, depuis le Groenland jusqu’à la chaîne del’Oural , se précipitant du N. au S. , démantelant sur son passageles montagnes et les rochers, polissant leurs surfaces, et y traçantdes sillons et des stries, au moyen des détritus que le courant en-traînait dans sa marche rapide.
En résumé, dit en terminant M. le rapporteur, on voit que,suivant AI. Durocher, le phénomène erratique du Nord est le ré-sultat de deux actions successives ; la première , serait celle d’ungrand courant parti des régions polaires; la seconde, celle d’unemer soumise à des hivers plus rigoureux que les nôtres, et danslaquelle le phénomène connu du déplacement des blocs de rochespar les glaces aurait eu un grand développement. Cette double hy-pothèse a tout au moins l’avantage de résumer les faits observés.
Les recherches qui ont été publiées depuis le travail si remar-quable dont nous avons essayé de donner une idée ont probable-ment modifié la manière de voir de AL Durocher, relativement àl’origine et au point de départ du grand courant auquel il attribuele transport de la formation erratique; d’ailleurs son hypothèsesera suffisamment discutée par ce qui nous reste à dire sur ce sujet;mais nous devons faire remarquer, dès à présent, que l’auteur noussemble avoir confondu, dans l’ordre des temps, deux phénomènesdistincts, c’est-à-dire les stries, les sillons et les surfaces polies, quisont les effets d’une cause antérieure, même aux dépôts argilo-