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FORMATION ERRATIQUE
sableux coquilllers des côles de la Norwège, du Danemark , elc.,et les césars de la Suède , lesquels sont plus récents que cesmêmes dépôts, et appartiennent au commencement de l’époque ac-tuelle {ante, vol. I, p. 6A5). Que la direction de ces œsars soitsouvent celle des stries et des sillons, cela n’implique ni leurcontemporanéité, ni leur communauté d’origine, mais indique seu-lement que le relief des accidents du sol émergé ou non, étant àpeu près le même aux deux époques, les causes des uns et desautres ont été influencées de la même manière, et se sont mani-festées suivant des directions semblables, étant déterminées par despentes qui se trouvaient aussi dans les mêmes rapports.
Application Pendant que les géologues parcouraient les plaines et les mon-ae t^uieo.ie la g lles t | u 1101( } p£ uro p e) p 0ur y recueillir les faits les plus pro-"' l 'r±r"F08 à jeter quelque jour sur les caractères et l’origine des blocs<ic l’Europe , erratiques cl des dépôts meubles auxquels ils sont associés, unethéorie, qui jusque là s’était renfermée dans l’enceinte des Alpes où elle avait pris naissance, ainsi que nous l’expliquerons plus loin,tendait à se propager au-dehors, et dut saisir l’occasion de s’appuyersur des bases plus larges. M. de Charpentier, l’un des promo-teurs de celte théorie qui consistait à attribuer à l’action d’an-ciens glaciers, beaucoup plus étendus que les glaciers actuels, la plusgrande partie des accumulations de matériaux incohérents que l’ontrouve au pied des montagnes et vers le fond des vallées, fut aussiun des premiers à l’appliquer au phénomène erratique du Nord.
Par suite de la dernière catastrophe qui avait accidenté l’hémi-sphère boréal, sur une vaste étendue, dit ce savant (1), le climatdevint plus froid et plus humide qu’il ne l’était auparavant et qu’ilne l’est aujourd’hui. Pendant la longue durée de cet état climaté-rique, la température estivale était insuffisante pour opérer la fontecomplète des neiges, à partir du 60' parallèle ou à peu près. Lesneiges, qui s’étendaient depuis cette limite jusqu’au 70°, ont ététransformées en glaciers, et au-delà elles sont restées à l’état denévé. Ce glacier, ayant pris un développement considérable, a en-vahi le nord de la Russie , jusqu’à la latitude de Moscou , puis laPrusse, la Pologne , le nord de l’Allemagne et s’est prolongé peut-être jusqu’aux côtes orientales de l’Angleterre. Il a transporté et