GROUPE DES MARNES IRISÉES.
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Los conciles sont ici moins inclinées qu’à Yic; le plongeinentétant seulement de 1° 1/2 au N., 10 a E. Les différents bancs n’y ontpas tout à fait la - même épaisseur, mais l’identité des couches tra-versées dans les deux localités est aussi remarquable que leur cor-respondance. Le sel est lui-même parfaitement comparable départet d’autre, formant des masses d’une roche cristalline et diaphane,composée d’un agrégat de cristaux'enchevêtrés en tous sens commedans une cristallisation confuse. La teinte est ordinairement le vert-bouteille ou le gris coloré par l’argile bitumineuse; il est plus rare-ment jaune ou blanc. Le sel rouge est coloré par 0,002 de peroxydede fer ; il n’v a point d’iode, de brome ni de muriate de magnésie,et cette dernière substance que renferme les eaux salées a une autreorigine. On y trouve du sulfate de chaux et 2 pour 100 de sulfatede soude (1).
Les autres substances mélangées au sel ou disséminées dans samasse sont ; l’argile bitumineuse, l’argile salifère (Salzthon) en vei-nules, l’anhydrite en rognons, le polyalithe également en rognons,et, dans les cavités du sel blanc, un liquide et un gaz non étudiésencore, enfin quelques autres substances plus ou moins rares. Nousn’entrerons point ici dans les détails pleins d’intérêt que donneM. Élie de Beaumont sur les caractères et l’exploitation du sel, lastatistique de ses produits ainsi que sur leur valeur, détails que l’ontrouvera dans l’excellent travail que nous avons essayé d’analyser,ainsi que dans celui de M. Levallois , que nous avons si souvent cité (2).Nous ajouterons seulement que la somme des épaisseurs des cou-ches de sel gemme reconnues à Vie est de 65 mètres, et à Dicuze de58 m ,3. Il est possible, en outre, qu’il existe encore plus bas descouches inexplorées.
(P. 89.) « Le gypse est, après le sel gemme, la principale richesse» minérale que recèlent les marnes irisées de la Lorraine . Ces deux
(1) Levallois , loc. cit. — Voyez aussi A. Burat, Géologie appli-quée, l re édit., p. 70, et les éditions suivantes pour un résumé de lastatistique des produits du sel gemme et des salines des bords de lamer.
(2) M. A. Digot, Notice sur les anciennes salines de Moyen-Moutier (Mém. de la Soc. roy. de Nancy , 1846), et M. Levallois(Ibid.) pensent que les sources qui alimentaient les puits étaient devéritables eaux minérales, et non des eaux ordinaires devenues salinespar le lavage d'un banc de sel ou d’une argile salifère. Le trias nes’étend pas sous les points où ces puits ont été forés.