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» substances, dont on a remarqué depuis longtemps que les gise-n ments sont généralement connexes, offrent ici dans leurs allures» des analogies frappantes, et cependant des différences notables.
» L’une et l’autre forment à la fois des masses lenticulaires et des» systèmes de petits filons; mais les gisements gypseux sont taillés» beaucoup plus en petit que le gisement salifère, et, par suite, il y» a, dans les marnes irisées dé la Lorraine , une multitude de» gisements de gypse , tandis qu’il n’y en a qu’un seul de sel» gemme. »
Ce dernier, comme on vient de le dire, se compose de 13 assisesde sel gemme séparées par des marnes et des argiles mélangées degypse et d’anhydrite, en strates réguliers ou en lentilles assez allon-gées pour être retrouvées dans toute l’étendue d’une exploitation,et l’ensemble de ces couches et de ces lentilles est lui-même assezvaste pour avoir été retrouvé par des sondages dans un espace deplusieurs myriamètres en tous sens. Le sel fibreux forme de petitssystèmes de filons traversant les marnes et les argiles qui séparentles bancs de sel.
Les gisements de gypse sont aussi composés de masses lenticu-laires de cette substance et de réseaux de petits filons, mais les len-tilles sont moins épaisses et surtout beaucoup moins étendues queles lentilles de sel. Il résulte de sa constitution que chaque gîte a, dansson ensemble, la forme d’un gros tubercule se divisant en cou-ches plus ou moins nombreuses et se terminant d’une manière peunette.
Les couches qui recouvrent ces gisements (marnes irisées, dolo-mie compacte, grès ou combustible) se “relèvent en s’approchant desmarnes gypseuses et se recourbentpar-dessus en formant une sortede voûte (1). M. Élie de Beaumont fait remarquer que les amas desulfate de chaux qui affectent cette disposition sont hydratés, tandisque les anhydrites subordonnées aux argiles salifèresne la présententpas, ce qui le conduit à chercher la cause de ce bombement oude cette tuméfaction des amas de gypse dans un phénomène d’épi-génie. Ce savant montre, en effet, qu’en vertu de la différence du
(1) Élie de Beaumont , Mémoire sur les différentes formations tjui,dans le système des Vosges , séparent la formation houillère du lias(dn/i. des mines , 2 e sér., vol. IV, p. 46 ; — Mém. pour servir àune tlescript. géol. de la France , vol. I, p. 148, 1830; — Bull.,1" sér., vol. VIII, p. 174, 1837).