DES FORTIFICATIONS. Traité V i: 34*
Quand la campagne est raze , il se faut mettre aux chemins couvertsles plus avancez des dehors, &: de là tirer inccstàmmenc fur ceux quicommencent à fe camper,pour les contraindre de commencer 1c tra-vail plus loin.
Les premiers jours que l’Ennemy fe campe , il cil malaisé dcl’cmpé-chcr qu’à force de tirer ; ce seroit trop hazarder de faire des sorties, par-cc que l’Ennemy estant fi éloigné,la retraite seroit dangereuse : mais ilfaut attendre que son travail soit avancé qu’il commence à formerses batteries ; car c’est le temps de les incommoder, 6c de ruiner tousleurs travaux avec le canon; quoy-qu il faille avoir la prudence de nepas consumer les munitions d’abord, n’cn point réserver pour la suiteoù elles seront le plus nécessaires.
En mesme temps que l’Ennemy a achevé ses batteries, il commenceses tranchées d’approches, &í par là on connoistra combien il veut faired’attaqucs, Lc en quels endroits;où on sc préparera par bonne gardc'ôc re-vcué des fortifications. On fe souviendra pourtant de ce que nous avonsdit parlant des attaques ; Qu on fait plusieurs tranchées ,quoy-qu’on nedoive faire qu'vne ou deux attaques ; cequ’on connoistra au nombredes ouvriers, à l’allìduité du travail , & par les Forts mieux gardez. Cefont ceux qu'il faut attaquer, oùonsc conduira comme je vais dire.
COMME ON DOIT SE GOVFERN E 2 ^
auxsorties.
Q U 1 laisse travailler l’Ennemy sans l’interrompre, veut perdre laPlace ; il est vray qu’il y en a de si fortes, tant de l’Art que de la Na-ture, qu’il est comme impossible de les forcer, fi avec cét avantage ellesfont fournies de beaucoup de munitions, quoy-qu’clles ayent peu de sol-dats & bons. Elles feroient imprudemment de faire des sorties, puisquedemeurant dedans en seureté, on ne craint pas la force de l’Ennemy, nila longueur d'vn Sicge, ayant dc quoy le ioustenir:il leur suffit de fairela garde pour voir ce que fait l’Ennemy.
Niais quand les Places peuplées & munies de bons soldats fe sententpresseeSjClles doivent faire des sorties, & nuire autant qu’il est possibleà tous les desseins & à tous les travaux de l’Ennemy, prenant le lieu leplus commode, Sc le plus nuisible aux Aííàillans, les attaquant au costcle plus prcílé ,& prenant l’occalìon la plus avantageuse.
L’occasion la plus propre pour faire des sorties, si on peut l’attendre,.c’cstlors qu’on sçaura par quelque espion, quelque régiment foible cnnombre de soldats estre en garde,ouqu’ils sont de peu décourage, oumal conduits, ou lassez poury avoir esté plusieurs jours dc fuite. C’est à.
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