DES CATACOMBES. 3i
Sous les remparts de Rome et sous ses vastes plainesSont des antres profonds , des voûtes souterraines,
Qui pendant deux mille ans, creusés par les humains *Donnèrent leurs rochers au palais des Romains :
Avec ses monumens et sa magnificence,
Rome entière sortit de cet abîme immense.
Depuis, loin des regards et du fer des tyrans,L’Eglise encor naissante y cacha ses enfans,
Jusqu’au jour où du sein de cette nuit profonde.Triomphante, elle vint donner des lois au monde,
Et marqua de sa croix les drapeaux des Césars.Jaloux de tout connaître, un jeune amant des arls,L’amour de ses parens, l’espoir de la peinture,Brûlait de visiter cette demeure obscure,
De notre antique foi vénérable berceau ;
Un fil dans une main, et dans l’autre un flambeau,
R entre, il se confie à ces voûtes nombreuses
Qui croisent en tous sens leurs routes ténébreuses.
R aime à voir ce lieu, sa triste majesté,
Ces palais de la nuit, cette sombre cité,
Ces temples où le Christ vit ses premiers fidèles,
Et de ces grands tombeaux les ombres éternelles.Dans un coin écarté se présente un réduit,Mystérieux asile où l’espoir le conduit.
Il voit des vases saints et des urnes pieuses,
Des vierges, des martyrs dépouilles précieuses ;
R saisit ce trésor, il veut poursuivre. Hélas 1R a perdu le fil qui conduisait ses pas;